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Technopolice: vigilance et auto-défense numérique

Article de Laure de Hesselle pour le magazine Imagine 145, été 2021.

Le collectif Technopolice lutte contre la surveillance massive de nos faits et gestes à laquelle nous sommes soumis. Ses armes : l’information, la conscientisation, par le biais de balades et d’ateliers d’auto-défense numérique.

« Pour les caméras privées, regardez plutôt à la hauteur des portes. Les publiques sont souvent placées plus haut, ce sont de plus gros modèles multidirectionnels. » Par petits groupes de quatre, la vingtaine de participants à la balade de cartographie de la surveillance organisée par le collectif Technopolice s’égaye dans le quartier de la gare du Nord. À chaque groupe sa zone – la nôtre est coloriée en brun sur la carte. Catherine accompagne son fils Thom [1] : « C’est un sujet qui m’inquiète. Je n’ai rien à cacher, mais le fait d’être toujours potentiellement surveillée me donne le sentiment d’une perte de liberté. » Dès les premiers cent mètres, une caméra pointe son objectif au-dessus d’une porte. « Il est autorisé de filmer exclusivement son espace privé, remarque Corentin, membre de Technopolice, mais l’angle de prise de vue est très souvent beaucoup plus large. Et la police n’est pas vraiment contre… Elle est plutôt intéressée de savoir qu’une caméra existe – il faut lui déclarer son installation. » Une plaque signalant le dispositif est aussi censée être apposée. Au long des rues, tous les cas sont visibles : des caméras sans plaque, des plaques sans caméra – un espoir de dissuasion à moindres frais ? – et, quelquefois tout de même, les deux.

Dans tous les coins de ce quartier populaire, les objectifs qui surveillent les passants sont présents. Au-dessus des boutiques, des garages, des cafés, des feux rouges, de chaque place publique, à la porte d’une église même. « C’est un peu le jeu ‘‘Où est Charlie ?’’ » [2], rigole Thom. « Je ne peux plus partir en vacances sans voir des caméras partout », constate Corentin. Même des maisons privées sont munies de ces petits engins espions. « Les caméras publiques sont plus nombreuses dans le centre ville, les centres commerçants, poursuit le membre de Technopolice, et dans les quartiers populaires autour de ces centres – Matonge, Cureghem, Molenbeek, ici… Mais les divergences se réduisent parce qu’il y a de plus en plus de caméras, sur tous les territoires. » Surveillance des dépôts clandestins et des bulles à verre, respect de la Zone de basse émission, les raisons invoquées pour ajouter de nouveaux dispositifs ne manquent pas. « Et l’arrivée des petites caméras reliées simplement à un ordinateur a fait encore augmenter la présence des systèmes privés – même si elles ne sont pas nécessairement en fonction, ou n’enregistrent rien, les gens ayant l’idée que leur simple présence est dissuasive. »

Au fil des rues, Catherine et Corentin entrent sur une carte dans leur smartphone (le collectif en a à disposition pour tous ceux qui n’en possèdent pas) la position des caméras. L’impression est désagréable : elles sont absolument partout… Thom, qui est cameraman, s’intéresse évidemment beaucoup à cette présence continuelle de l’image. « Les caméras colonisent notre quotidien, mais il y a toujours un hors-champ… La majorité des crimes se passent hors-champ, alors à quoi servent réellement ces caméras ? » Matvei, qui vient de sillonner entre autres la très commerçante et populaire rue de Brabant, constate : « Plein de gens se surveillent eux-mêmes, finalement… Et si la police a envie de traquer mon trajet, rien de plus facile, je n’ai pas croisé une rue sans caméra… » Cap, militant d’Extinction Rebellion, a d’ailleurs renoncé à les éviter lors de ses actions de désobéissance civile. « C’est un peu décourageant cette impression que la majorité des citoyens se dit que si tu n’as rien à cacher ce n’est pas un problème. Mais venir ici permet de se sentir moins seul, de quitter un peu son écran pour réinvestir l’espace public. »

Une surveillance tangible

« Nous avons eu cette idée de balades précisément pour rendre cette surveillance visible, tangible », explique Pavel, membre de Technopolice. « C’est une porte d’entrée vers différents enjeux qui ne sont jamais discutés, complète Julien, autre militant du collectif. Qui paye pour tout ce matériel, par exemple ? Qui surveille-t-on, pourquoi ? Qui définit ce que sont les ‘‘comportements suspects’’ ? Ce sont des questions démocratiques qui ne sont jamais posées. »

Plus largement, c’est notre société de surveillance et de contrôle social que critique le collectif. Avec pour première arme la conscientisation. Technopolice cartographie, mais aussi collecte et diffuse les éléments d’information dont il dispose, organise des formations. « Nous cherchons à donner des clés de compréhension aux gens. Mieux comprendre ces enjeux permet de trouver des pistes de résistance. » Car la surveillance ne cesse de s’étendre, et la crise du Covid a encore renforcé le mouvement. Les drones se multiplient lors des manifestations – ou des soirées dans des jardins… La reconnaissance faciale devient possible avec de plus en plus de dispositifs. « A la gare du Midi, les caméras sont à présent installées pour faire face aux portes d’entrée, d’ascenseurs, d’escalators. La reconnaissance est utilisée à l’aéroport… Un centre de vidéosurveillance n’a pas le droit d’en faire, mais avoir une photo de quelqu’un et repérer cette personne dans une foule est autorisé. La reconnaissance faciale est pourtant une technique très problématique, où les faux positifs sont nombreux, les biais raciaux aussi. »

La 5G est un exemple emblématique de cette extension du domaine de la surveillance. « Elle pose évidemment un énorme problème écologique, expose Pavel, mais si nous prenons les lunettes de la surveillance, la 5G facilitera largement la mise en place des caméras : à l’heure actuelle il faut des câbles de fibre optique, ouvrir les trottoirs, ou utiliser un réseau wifi pas toujours stable. Ce ne sera plus le cas. L’ensemble des dispositifs de vidéosurveillance pourra être connecté en faisant tourner la reconnaissance faciale. » Sans compter la triangulation des téléphones portables, dont la précision passe d’une centaine de mètres aujourd’hui à quelques centimètres avec la 5G, ou la collecte (encore plus) massive de données par les Gafam. En étudiant les demandes de permis, Technopolice a réalisé une carte des antennes 5G (« light » ou standard) déjà installées (même si encore inactives probablement en Wallonie). « C’est un symbole de l’argument ‘‘on ne peut pas arrêter le progrès’’, commente Julien. Et on ne regarde alors pas les externalités… »

La liste est longue de ce « solutionnisme technologique », comme le dénonce Pavel. Plutôt que de diminuer les flux de transports en ville, on les « optimise » à coups de dispositifs techniques ; on installe des poubelles « intelligentes », qui consomment de l’énergie, plutôt que de les faire contrôler par des humains ; on multiplie les technologies de surveillance avec l’argument de contrer le terrorisme (« alors que ce n’est pas ça qui l’arrêtera ») plutôt que de chercher à en dénouer les raisons ; on prône l’usage d’une application Coronalert (« sans que rien ne prouve son efficacité ») plutôt que d’investir dans les hôpitaux… « Toutes ces problématiques sont transformées en questions techniques auxquelles des solutions technologiques pourraient répondre pour montrer ainsi qu’on fait quelque chose, mais sans remonter à leurs sources. Nous voulons remettre la technologie dans son contexte politique. »

Rien à cacher

Une trentaine de personnes sont réunies ce dimanche soir de mai. Au programme, un atelier d’auto-défense numérique. Ordinateurs et téléphones portables sont des portes largement ouvertes pour qui veut sur nos habitudes, nos liens, nos faits et gestes, nos opinions, nos préférences. Nous le savons à peu près tous – et les révélations d’Edward Snowden entre autres l’ont largement mis en lumière – et pourtant bien peu d’entre nous s’en indignent et agissent en conséquence. Car, comme le disait Catherine lors de la balade, « nous n’avons rien à cacher ». C’est un argument contre lequel se bat Technopolice avec force. « Si je n’ai rien à me reprocher, je n’ai rien à craindre… Nous sommes dans un État de droit, il y a des garde-fous, rien de grave ne peut arriver… » Le groupe tente de faire prendre conscience de la dimension collective de cette question et de notre responsabilité citoyenne par rapport à ceux qui n’ont pas la chance « de correspondre à la norme dominante ».

« Car ce ‘‘je n’ai rien à cacher’’ est lié d’abord à un ordre actuel qui fonctionne selon notre intérêt, explique Pavel. Mais cet ordre n’est pas favorable à tous, de plus petits groupes dans la société ne correspondent pas à la norme majoritaire. Et puis cette norme peut changer, des comportements acceptables aujourd’hui peuvent ne plus l’être demain ou dans un autre contexte. » Or si l’écrasante majorité des mails échangés, des recherches sur Internet, des consultations de sites se font sans le moindre cryptage et confidentialité, ceux qui y ont recourt par nécessité sont immédiatement perçus comme suspects. « C’est collectivement que nous pouvons protéger les minorités, la démocratie », insiste Julien. Si même les envois de photos de chats sont chiffrés, ceux qui contiennent des informations véritablement sensibles ont plus de chance de passer inaperçus. « En réalité, nous avons tous quelque chose à cacher, poursuivent les membres du collectif. Il n’y a pas grand monde qui donnerait volontiers son code d’accès à sa boîte mail. Et ce n’est pas parce qu’on veut cacher quelque chose, qu’on préfère l’anonymat, qu’on a fait quelque chose de mal ! » Avoir une vie véritablement privée, se soustraire au regard des autres est capital pour la construction de soi, de son autonomie, pour se donner le droit à l’erreur et au changement. « L’auto-censure n’est pas le seul problème potentiel, ajoute Pavel, se savoir surveillé induit une pensée de meute et rend très difficile le développement d’une pensée dissidente. Cela pose question en démocratie… »

Dans l’assemblée, Arthur, jeune étudiant qui s’intéresse à la digitalisation de la société, s’inquiète du peu de questions que nous nous posons. « Nous sommes sur WhatsApp, c’est confortable, et on y reste, même si nous savons qu’il y a un problème… C’est vraiment important de réfléchir à ce type de choses. » Sa voisine Céline, une professeure, abonde dans le même sens avec l’entrée de Microsoft et de son logiciel Teams à l’école. « Souvent on se dit qu’on n’arrivera pas à faire changer les choses, qu’on est trop peu à se sentir concernés… et on ne bouge pas. Mais dorénavant je vais passer à Linux et faire tout en crypté ! »

Du côté des orateurs, Pavel et Bernard tentent (avec succès) d’être les plus didactiques possible, même si le public de ce soir-là est majoritairement composé de personnes déjà averties. « Notre but est de montrer à quel point nous sommes surveillés. À chacun ensuite de choisir son modèle de menace et d’adapter ses comportements en conséquence. En sécurité informatique il faut d’abord avoir une compréhension du système, sinon un outil peut être mal utilisé et procurer un (faux) sentiment de sécurité. » Dans quelle mesure ai-je besoin de me protéger ? Qu’est-ce que je veux protéger ? De qui ? Quelles difficultés suis-je prêt à rencontrer pour tenter de prévenir les conséquences potentielles d’une surveillance ?

Juliette, une des militantes de Technopolice, écoute attentivement dans le fond de la salle. « Je débute dans ma recherche d’autonomie, témoigne-t-elle, j’ai commencé à m’intéresser aux alternatives parce que je me sentais un peu inscrite malgré moi sur les réseaux sociaux notamment. C’est moins confortable, mais cela me permet de garder une distance critique par rapport à ce que je fais, d’en prendre plus conscience. C’est un choix politique. » Schémas à l’appui, on passe en revue l’intérêt des logiciels libres, « une bataille fondamentale à mener : soit c’est le logiciel qui contrôle l’utilisateur, soit c’est l’utilisateur qui contrôle le logiciel » ; on détaille ce qui se passe derrière notre écran lorsque nous consultons une page web, et comment notre fournisseur d’accès et notre moteur de recherche récoltent ainsi une mine d’informations, tout comme les multiples trackers et cookies présents sur la moindre page [3] ; avant de passer au téléphone mobile – « une seule vraie solution, vous en débarrasser… » À défaut, Pavel lui a au moins « dégooglisé » son smartphone. « Mais c’est long, compliqué, et ça ne fonctionne pas toujours. » Comme l’explique Bernard, la protection des communications est très pauvre, et « pour vous contacter on doit savoir où vous êtes, donc on peut vous tracker. Et même si votre téléphone est protégé au maximum, il est toujours possible d’en tirer plein d’informations… »

Le dimanche suivant, à la fin de la balade, Lucien explique les sacrifices auxquels il a consenti pour rendre un peu plus privés ses usages numériques. « Certains logiciels, systèmes ou applications sont facilement remplaçables, d’autres pas vraiment. Je fais des concessions sur le confort c’est évident, c’est moins rapide, parfois chiant. Mais ça vaut la peine, même si ce n’est pas à fond. Déjà être sur Signal plutôt que WhatsApp : j’ai réussi à convaincre d’autres personnes d’y passer, c’est déjà ça, c’est déjà une petite baisse du niveau de surveillance. »

Se réapproprier ces outils est un premier pas. Technopolice a d’ailleurs programmé une séance « cours pratique » à la rentrée, pour aider ceux qui veulent se lancer dans la bataille pour la protection de leur vie privée et de notre vie démocratique. « C’est important que les militants de toutes sortes de luttes se penchent sur cette question, conclut Pavel. Car elle est la base de toutes les autres, elle est essentielle. »

[1] Certains noms ont été modifiés pour respecter l’anonymat de nos interlocuteurs.

[2] Livres-jeux dont l’objectif est de retrouver sur une image très dense et chargée un personnage à bonnet et pull marin, Charlie.

[3] Mais pas sur le site d’Imagine !

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Smile, u wordt gefilmd, getraceerd, geanalyseerd en geclassificeerd

Interview door Keltoum Belorf voor De Wereld Morgen (24/08/2021).

Camera’s in Schaerbeek

Camera’s die nummerplaten of gezichten kunnen herkennen, drones die boven betogingen hangen, wifi-sensoren in winkels en winkelstraten, de stad zit op de digitaliseringstrein. Ze registreert en classificeert het gedrag van haar inwoners om ze vervolgens met algoritmes te analyseren en te gebruiken voor commerciële en politionele doeleinden. Alleen al de term ‘smart city’ doet bestuurders van grote steden watertanden. Het klinkt efficiënt, clean en veelbelovend. De tijden zijn veranderd, we kunnen er niet meer omheen, luidt het. Maar waar ligt de grens? Wanneer wordt een smart city een surveillance city? We spraken met het collectief Technopolice Bruxelles. Een collectief dat pleit voor een publiek debat over het inzetten van digitale tools door politiediensten om data van burgers te verzamelen.

Van defund the police naar technopolice

Vorig jaar na de moord op George Floys ontstond uit de schoot van de BLM-beweging de campagne voor afschaffing van het instituut politie om een einde te maken aan het politiegeweld. Een debat dat veel aanhang kreeg in de beweging vanuit de redenering dat het instituut politie geworteld is in de racistische en koloniale geschiedenis van de VS en een mentaliteit draagt die niet kan veranderd worden.

Maar sommigen vrezen dat in de plaats een andere vorm van repressie zal komen. Eén zonder gezicht, ook wel de techno-politie genoemd. Een door algoritme gestuurde repressie-apparaat. En de vrees is niet ongegrond want de politiediensten in grote steden, ook bij ons, zetten nu al heel wat digitale middelen in om data te verzamelen. Ik sprak met Stan en Chris van het collectief Technopolice Bruxelles af bij Constant vzw in Brussel. Chris doet onderzoek rond Smart Cities en Stan is student sociologie. Constant vzw is partner in het Technopolice project en in de vitrine van hun kantoor kan je de kaart bekijken van Brussel met de punten waar camera’s en andere dataverzamelingstools aanwezig zijn.

Chris: “Via een collega hoorde ik enkele jaren geleden van de campagne Technopolice die in Frankrijk werd gestart. We besloten om de mensen erachter te contacteren om de campagne ook in België te doen. We hebben een collectief gestart met een tiental vrijwilligers. Toen brak corona uit en lag de campagne even stil. Het koste ons wat tijd om er terug in te vliegen.”

Stan: “Ik heb me later bij het collectief aangesloten via een vriend. Ik volgde een lezing op de ULB over het thema en raakte erdoor geboeid. Iedereen kan zich bij het collectief aansluiten, er is geen lidmaatschap nodig. Het samenwerken in een collectief vind ik leuk. Het is een soort affiniteitgroep.

Data verzamelen over surveillance technologie in de stad

Chris: “Met de Technopolice campagne willen we samen met het publiek zoveel mogelijk data verzamelen over het gebruik van surveillance technologie in de stad. En mensen op die manier bewust maken van hoe snel het kan afglijden naar een soort totalitaire controle van onze publieke ruimte waar geen privacy meer mogelijk is. De volgende stap is samen bekijken hoe we rond dit thema strategieën van verzet kunnen ontwikkelen.”

“Het inzetten van tech-tools in de publieke ruimte voor politionele doeleinden is een soort grijze zone en we willen het publieke debat daarover stimuleren.”

Stan: “Het inzetten van tech-tools in de publieke ruimte voor politionele doeleinden is een soort grijze zone en we willen het publieke debat daarover stimuleren.”

Chris: “We willen ook een kritisch discours ontwikkelen over surveillance technologie vanuit verschillende invalshoeken zoals democratie en privacy. Een van onze doelen is om meer juridisch geschoolde mensen in de strijd te betrekken. Zij kunnen nagaan waar die politionele technologie opereert in strijd met bestaande wetten, om dan via juridische weg die overtredingen te kunnen aanklagen.”

Stan: “Bijvoorbeeld een organisatie als de Liga voor Mensenrechten kan een grotere beweging organiseren rond de juridische aspecten van surveillance technologie.”

Camera’s, drones, predictive policing

Chris: “Camera’s zijn de belangrijkste zichtbare tools die ingezet worden. Maar daarin zijn ook verschillen. Je hebt de straatcamera’s, de verkeerscamera’s voor nummerplaatherkenning, de privé-camera’s, gezichtsherkenning-technologie, etc … “

Stan: “Het inzetten van drones is een ander ding. De federale politie heeft vijf à tien drones die geregeld worden ingezet in Brussel. Ze zijn al regelmatig gebruikt op betogingen en ook tijdens de lockdown. De politie dreigde er zelfs vorig jaar met kerst mee om ze met infrarood camera’s uit te rusten en in te zetten om te controleren of er niet te veel mensen thuis hadden afgesproken. Dat klinkt toch al heel dystopisch.”

Chris: “Een andere technologie waar we hier nog weinig over horen in de mainstream is predictive policing. Dat  is het summum van technopolice. Dat betekent dat je de politie niet geregeld laat patrouilleren in bepaalde delen van de stad maar dat een computer eerst een analyse maakt van de verzamelde data in de stad en dan voorspellingen doet in welke delen van de stad de kans groot is dat er zich problemen voordoen. Dit systeem wordt nu op veel plaatsen gebruikt in de VS. We weten dat de federale politie daar experimenten rond houdt. De exacte info daarover hebben we niet, maar het is wel iets dat er aan zit te komen. Dit zal de vooroordelen die reeds bestaan versterken, maar tegelijkertijd zal dit systeem gepresenteerd worden als ‘neutraal’, want het algoritme heeft het zo berekend.”

Trackingsystemen in winkel en winkelstraten

Stan: “Een ander probleem dat we ook in de schijnwerpers willen zetten, zijn de telecom-antennes. Het aantal telecom-zendmasten binnen een bepaalde afstand bepaalt hoe nauwkeurig iemand met een smartphone kan gelokaliseerd worden. Hoe meer antennes er zijn, hoe preciezer je kan gelokaliseerd worden. We hoopten die discussie te kunnen lanceren met heel het 5G-debat. Dat is er natuurlijk op gericht om meer antennes te installeren binnen dezelfde oppervlakte in vergelijking met 4G. Want 5G heeft namelijk een kortere range en heeft veel meer antennes nodig.”

“Mensen denken vaak dat ze met een oude gsm zoals een oude Nokia niet kunnen getraceerd worden. Maar dat klopt niet”

Chris: “Mensen denken vaak dat ze met een oude gsm zoals een oude Nokia niet kunnen getraceerd worden. Maar dat klopt niet. Ook zij kunnen heel precies getraceerd worden, naarmate er meer antennes zijn op een kortere oppervlakte.”

Stan: “De issues waarover we bekommerd zijn, is de vrijheid en privacy van mensen. Bij een betoging bijvoorbeeld, kan de telecommaatschappij exact zien wie er allemaal was en wie welk traject gelopen heeft. Er wordt veel data verzameld die kan gebruikt worden door politiediensten.”

Chris: “Al deze data die telecombedrijven verzamelen kunnen ze minstens een jaar bewaren en kan opgevraagd worden door politiediensten. Het is een grijze zone. Bijvoorbeeld in welke gevallen mag het al dan niet ingekeken/opgevraagd worden door politiediensten of andere instanties.”

“Al deze data die telecombedrijven verzamelen kunnen ze minstens een jaar bewaren en kan opgevraagd worden door politiediensten.”

Stan: “Bijvoorbeeld in de Nieuwstraat, de winkelstraat in Brussel, is er een toestel geïnstalleerd dat mensen telt die er passeren aan de hand van het wifi-signaal van de gsm’s. Dit werd gemotiveerd vanuit de coronamaatregelen om te monitoren dat er niet te veel volk is en er voldoende afstand kan gehouden worden. Maar dezelfde tool is ook in shoppingcenter City2 gebruikt om te tracken op welke locaties mensen precies stoppen en hoe lang. Een grote hoeveelheid data wordt verzameld die ook ingezet wordt voor commerciële doeleinden, bijvoorbeeld in dit geval om hogere huurprijzen te vragen voor bepaalde winkelpanden.”

Chris: “Ook veel winkels hebben dat soort trackingsystemen. Als jouw wifi of bluetooth aan staat, kunnen ze exact zien welke afdelingen je hebt bezocht in de winkel en hoelang je stilstond bij welk rayon of product.”

Stan: “Hier wordt het vooral ingezet voor commerciële doeleinden, maar dat soort datacollectie op bijvoorbeeld een betoging is problematisch vanuit democratisch oogpunt.”

“Dat soort datacollectie op bijvoorbeeld een betoging is problematisch vanuit democratisch oogpunt.”

Databanken linken

Chris: “Een andere vraag is wat als de databanken gelinkt worden? Nu wordt de data van deze surveillance technologie afzonderlijk gebruikt. Maar bijvoorbeeld de data van gezichtsherkennningsoftware gebruiken ze reeds voor bepaalde cases. Naar we weten, mogen ze deze data al linken met de nummerplaatherkennings-database. Dus je ziet de databanken gelinkt worden, bijvoorbeeld data uit gezichtsherkenning met wifiregistratiepunten en nummerplaatregistratie. De staat weet op elk moment waar je bent en wat je doet. Dit is de richting waar we naartoe dreigen te gaan. Daarom de vraag: is dit de maatschappij die we willen en wandelen we er gewoon blind naartoe, of willen we alsnog aan de alarmbel trekken?”

“Is dit de maatschappij die we willen en wandelen we er gewoon blind naartoe of willen we alsnog aan de alarmbel trekken?”

Stan: “Op het eerste gezicht lijkt het onschuldige metadata van mensen, zoals waar je bent en wanneer, maar het wordt interessant als die data over een langere termijn verzameld worden en via algoritmes geanalyseerd worden. Dan kan je er patronen uit afleiden die je meer informatie geven over iemands privé-leven.”

Is dit niet onvermijdelijk. We zitten toch ook massaal op Facebook?

Stan: “Je kan kiezen om al dan niet op een platform als Facebook actief te zijn en je data vrij te geven. Maar je kiest er niet voor om in een plek te wonen waar elke stap die je zet, geregistreerd wordt. Je kan je ook totaal niet ontdoen van die controlesystemen.”

Chris: “We zijn niet naïef, het is een evolutie die we niet kunnen tegenhouden, maar het is niet omdat sociale mediaplatformen als Facebook onze data verzamelen en gebruiken, dat we het zomaar moeten aanvaarden van onze steden.  Er is altijd een momentum voor de staat of politie, bijv. bij een aanslag, om dat soort surveillance-tools ingang te laten vinden. Maar ook wij hebben een momentum om hier tegen in te gaan, bijvoorbeeld bij schandalen van Facebook waar gelekte data van users wordt misbruikt. We moeten klaarstaan met onze argumenten en netwerk om er tegenaan te gaan als er weer eens zo’n momentum opduikt.”

“We zijn niet naïef, het is een evolutie die we niet kunnen tegenhouden, maar het is niet omdat sociale mediaplatformen als Facebook onze data verzamelen en gebruiken dat we het zomaar moeten aanvaarden van onze steden.”

Dunne grens tussen smart city en surveillance city

Chris: “Smart city wordt voorgesteld als een efficiënte, duurzame, groene stad, die goed is voor iedereen. Maar de grens is flinterdun, de technische tools waarmee ze uitpakken als smart city zijn vaak surveillance tools. Zo worden de nummerplaatherkeningscamera’s ingezet voor de LEZ-zone maar een verdere mogelijkheid is ze aanwenden voor bijvoorbeeld de kilometerheffing. De mogelijkheden van dergelijke tools zijn oneindig en iemand moet op een gegeven moment de grenzen aangeven.”

“Zo worden de nummerplaatherkeningscamera’s ingezet voor de LEZ-zone maar een verdere mogelijkheid is ze aanwenden voor bijvoorbeeld de kilometerheffing.”

Stan: “Wireless home energie tools van Engie bijvoorbeeld, zijn ook zo’n instrumenten die gepromoot worden als slim en efficiënt, die ervoor zullen zorgen dat je energieconsumptie nauwkeurig gemeten wordt. Maar dat systeem is constant verbonden met het internet en verzamelt data over alles wat je doet: wanneer je thuis bent, wanneer je gaat slapen etc … en verstuurt die naar je energieleverancier. Alleen al het feit dat het constant met het internet verbonden moet zijn, consumeert op zich al veel energie. Idem in de smart city, elke vorm van datacollectie heeft continu energie nodig.”

Chris: “Ze pushen voor een verregaande digitalisering op verschillende domeinen. Dat wil zeggen dat elke actie, elke beweging die je genereert, jaren bijgehouden wordt en via allerlei algoritmes kan gelinkt en geanalyseerd worden. Dit digitaliseringsproces zal verglijden naar meer surveillance als er geen interventie komt en of debat om het in juridische kaders te gieten.”

“Dit digitaliseringsproces zal verglijden naar meer surveillance als er geen interventie komt en of debat om het in juridische kaders te gieten.”

 Maatschappelijke issues vs tech-oplossingen

Stan: “Eén van de belangrijkste activiteiten die we maandelijks organiseren zijn wandelingen. Elke keer starten we in een ander deel van de stad en creëren we kleine groepen. We wandelen rond en noteren de locaties van de verschillende surveillance tools die we tegenkomen. We proberen bij die wandelingen ook de nadruk te leggen op sociale controle. Willen we echt die hoeveelheid sociale verticale controle vanuit de staat? Maatschappelijke problemen zijn complex en hebben complexe oplossingen nodig.”

“Neem nu bijvoorbeeld de aanslagen in Brussel. Is de oplossing meer camera’s overal zetten, of gaan we ook in debat op zoek naar de oorzaken? En kijken naar bijvoorbeeld de link met ons Europees interventiebeleid in het globale zuiden?”

Chris: “De centrale vraag is, hoe framen we sociale issues? Neem nu bijvoorbeeld de aanslagen in Brussel. Is de oplossing meer camera’s overal zetten of gaan we ook in debat op zoek naar de oorzaken? En kijken naar bijvoorbeeld de link met ons Europees interventiebeleid in het globale zuiden? Dat soort debatten zien we nergens. Er wordt snel een techoplossing voorgesteld zoals camera’s voor nummerplaat- of gezichtsherkenning als wonderoplossing. Terwijl dit niets gaat veranderen aan de oorzaak van het probleem. Maar eens een dergelijke infrastructuur is opgezet, wordt die nadien wel gemakkelijker voor andere initieel onbedoelde zaken gebruikt.”

“Eens een dergelijke infrastructuur is opgezet, wordt die nadien wel gemakkelijker voor andere initieel onbedoelde zaken gebruikt.”

Stan: “Het is altijd hetzelfde riedeltje met die zogenaamde techoplossingen. Ze zullen ons leven gemakkelijker maken etc … We moeten het debat eerst aangaan over wat het probleem juist is en wat de mogelijke oplossingen kunnen zijn.  Hoe komen we er en hoe kunnen we gebruiksvriendelijke digitale tools daarbij als hulp gebruiken.

Chris: “Nu gebeurt het omgekeerde. De tech-giganten van de privé-sector benaderen de lokale overheden als ze weten dat ze genoeg geld hebben en stellen tech-tools voor om de gemeente “efficiënter” te laten besturen. Maar als we nu eerst eens de problemen zouden detecteren waar bijvoorbeeld verschillende steden in het land mee te maken hebben, dan kunnen we nagaan hoe er kan samengewerkt worden om open source tools te ontwikkelen die ten dienste staan van de gemeenschap. Heel veel oplossingen kan je vinden in overleg en samenwerking met de burgers van je gemeente of stad.”

Voor meer veiligheid en tegen criminaliteit

Stan: “Het argument om veel van die surveillance tools zoals camera’s te implementeren is tegen criminaliteit en voor meer veiligheid. Maar op veel feiten heeft dat soort surveillance totaal geen effect want veel feiten gebeuren spontaan. Neem bijvoorbeeld iemand die dronken is en iemand anders aanvalt of een verslaafde die een handtas in de auto ziet liggen en de autoruit inslaat. De camera zal spontane feiten niet stoppen of verminderen. Dat tonen onderzoeken ook aan. En bewuste criminele feiten worden gewoon verplaatst. Bijvoorbeeld drugsdealers zullen door de camera niet stoppen maar gewoon een straat verder hun zaakjes regelen. Dan is de vraag, is het echt de moeite om zoveel geld te steken in een hele infrastructuur die in feite niets oplost. En we stellen ons ondertussen niet de vraag wat de oorzaak is van bijvoorbeeld verslaving etc. en hoe we dat aan de bron kunnen aanpakken.”

Wat te doen?

Chris: “Mensen kunnen online de open source kaarten aanvullen met de informatie die ze hebben, bijvoorbeeld waar er camera’s hangen in hun buurt. Daarnaast proberen we ook regelmatig online en offline events te organiseren zoals stadswandelingen, events waar je kan leren om je telefoon of computer te beveiligen, etc … Op de website is er ook een forum waar je met anderen daarover in gesprek kan gaan.”

Stan: “De campagne en de site is momenteel nog Franstalig maar er zijn plannen om het ook naar het Nederlands te vertalen.”

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« Du pied gauche »

« Ce matin, je me suis levé du pied gauche… »

Profits à court terme, crimes environnementaux, dictature de la finance, impérialismes, injustices, discriminations, résignations, il y a dans notre société capitaliste d’innombrables raisons … de se lever du pied gauche!

Du pied gauche est une émission de débat, engagée et humaniste, qui fait entendre des voix alternatives.

Les invité.e.s s’indignent, s’insurgent, dénoncent et surtout proposent…des solutions qui frappent, on l’espère, juste et… du pied gauche!

***

Avec Laure et Corentin, de technopolice BXL ; Jessica, chercheuse sur la surveillance en Chine et à Honk-Kong ; et Chloé, de EDRi.

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« À l’ère libre! »

« À L’ÈRE LIBRE! » c’est une émission de webradio proposée tous les deux mois par l’équipe de la mission numérique des CEMÉA, pour réfléchir et échanger sur tout ce qui peut nous mettre sur la voie d’un usage critique et éthique du numérique.

Nous avons abordé avec eux les technologies de surveillance dans l’espace public, la nécessité de pouvoir être informé-e-s, s’informer et se former un regard critique sur ces technologies, de comprendre les enjeux collectifs, qui sont accessibles à toutes et tous, en dehors de toute expertise technique. Nous avons parlé du « Je n’ai rien à cacher », du concept à ne plus nommer de « smart city », de « safe city », mais aussi d’alternatives et de pistes concrètes pour brouiller et rendre obsolète cette hypersurveillance.

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Communiqué presse

Technopolice lance sa propre carte de la 5G en Belgique

https://carte5G.be

En avril 2020, l’Institut belge des services postaux et des télécommunications (IBPT) a, pendant plusieurs semaines, bloqué l’accès au site internet permettant aux citoyen·ne·s de s’informer sur les positions géographiques des antennes GSM (1). L’IBPT, qui procédait alors à une consultation publique en vue de la mise aux enchères de licences temporaires pour le déploiement de la 5G, a décidé que l’information nécessaire à un débat éclairé était moins importante que la sécurité des infrastructures des opérateurs de télécommunication.

La disparition de cette carte n’est pas la seule occasion où les institutions belges ont manqué de transparence concernant la 5G. Ainsi, en février 2021, le Gouvernement Wallon semble avoir décidé de maintenir confidentiel le rapport d’expertise sur la 5G qu’il avait commandé. La confidentialité du rapport est en contradiction apparente avec les recommandations mêmes des experts santé qui, selon Le Soir, réclamaient plus de transparence. Cela parait confirmer la volonté de soumettre l’information des citoyen·ne·s, pourtant nécessaire à l’appréhension et à la discussion des enjeux liés à la 5G, à des stratégies économiques et politiques.

De plus, en mars 2021, le journal Le Soir nous apprend que les opérateurs de télécommunication (Proximus, Orange, etc.) auraient « refusé de fournir aux experts wallons des données sur l’utilisation de leurs réseaux et sur les chiffres précis de consommation électrique » (2). L’information semble pourtant cruciale pour la discussion : tandis que Proximus affirmait quelques mois plutôt l’ « efficacité énergétique nettement plus élevée » des réseaux 5G (3), il est pourtant plus que probable qu’un « effet rebond » vienne contrebalancer tout gain d’efficacité énergétique (4).

Devons-nous tenir ces quelques communications pour des vérités suffisantes à poser les termes du débat ? Si la 5G est effectivement amenée à changer radicalement nos vies, elle mérite plus de transparence. Pour contrer ce maintien dans l’ignorance, le collectif Technopolice Bruxelles souhaite poursuivre son travail d’information en visibilisant la localisation de ces sites d’antennes 5G, afin que chacun·e puisse se rendre compte du monde en train de se construire et qu’il ou elle puisse participer au débat sur les technologies à adopter, à rejeter ou à adapter (5).

Nous avons donc réalisé une nouvelle carte, disponible à l’adresse carte5G.be, qui reprend l’ensemble des sites pour lesquels des permis 5G ont été accordés. Les données étaient déjà librement accessibles mais demeuraient enfouies dans les milliers de pages du cadastre. Notre carte comprend plus de 200 sites accueillant des antennes 5G. Pour la plupart, de la 5G « light »(6), et pour une quarantaine, de la 5G standard. Trois quarts de ces sites se situent en Flandre et un quart en Wallonie. Notons que la plupart des antennes wallonnes sont probablement inactives (7). L’essentiel des antennes ont été déployées par Proximus, mais d’autres opérateurs en ont également : Orange à Anvers (8), Telenet à Louvain, Malines et Aartselaar, Citymesh/Cegeka à Bruges, Courtrai et Zaventem (9, 10), et finalement Ericsson dans le campus Corda à Hasselt (11).

Parmi la foule d’arguments contre le déploiement généralisé de la 5G, Technopolice Bruxelles est particulièrement sensible aux questions de surveillance. Rappelons que la 5G va de pair avec un modèle de gestion urbaine, aussi appelée « smart city » ou « safe citiy » qui ne sont rien d’autre que la mise sous surveillance de l’espace public à des fins policières.

Sous couvert d’optimisation et d’aide à la décision, les projets de « smart city » (avec l’aide de la 5G)  visent notamment à transformer l’espace public tout entier pour en faire une vaste entreprise de surveillance. À grande échelle d’abord, dédiée à la gestion des flux de populations et marchandises. Puis, une surveillance rapprochée des individus et des groupes : dès que des comportements considérés comme « suspects » sont détectés, les différents appareils répressifs pourront fondre sur eux, « préempter la menace » et réprimer la moindre petite infraction à l’ordre public. Ou à l’inverse récompenser les citoyens jugés vertueux.

Quels que soient les usages réels qui émergeront finalement avec cette nouvelle technologie mobile, ce qui est clair, c’est qu’il s’agit de connecter plus d’objets, avec un plus haut débit. Outre la récolte de données personnelles que cela va engendrer, la problématique de la géolocalisation liée aux antennes relais est trop souvent mise de côté.

Sur tous les réseaux mobiles modernes (2G, 3G, 4G et maintenant 5G), l’opérateur peut calculer l’endroit où le téléphone d’un·e abonné·e en particulier est situé à l’aide de la triangulation. La précision avec laquelle l’opérateur peut calculer l’emplacement de l’abonné·e varie en fonction du nombre d’antennes-relais et de certaines technologies propres aux antennes. La spécificité du réseau 5G est que les antennes sont capables de mieux cibler l’utilisateur·rice et que le nombre d’antennes va probablement augmenter (pour couvrir les hautes fréquences). La 5G engendrera un niveau de surveillance jamais atteint auparavant, pouvant localiser les utilisateurs·rices avec une précision de l’ordre du mètre ou du demi-mètre.

Plus directement encore, la 5G va améliorer les capacités de la police en matière de vidéosurveillance. Le déploiement de celle-ci dans les espaces urbains est actuellement entravé par des problèmes techniques. En effet, les images circulent généralement sur des réseaux mixtes de Wi-Fi et de fibre optique. L’installation de caméras est donc conditionnée par la possibilité de tirer de la fibre ou par l’instabilité des systèmes Wi-Fi. On voit donc que l’émergence d’un réseau mobile haut-débit résoudrait bien des complications. De plus, un tel système permettrait également l’intégration de caméras mobiles, en ce compris des drones. Enfin, l’existence de ce type de réseau permet aussi le traitement, en direct, des images par des logiciels d’analyse, et notamment de reconnaissance faciale. Il est donc légitime de s’inquiéter des applications répressives d’une 5G déployée dans un contexte de course effrénée à la sécurité.

Vous pouvez lire notre argumentaire complet sur notre site ou nous contacter à l’adresse contact@technopolice.be

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Souriez, vous êtes filmés !

Mais aussi pucés, pistés, espionnés, monitorés, enregistrés, surveillés, géolocalisés, inspectés, contrôlés, censurés, gouvernés

Merci à l’équipe d’IEB, de nous avoir invité à contribuer au numéro 310 de son bimestriel Bruxelles en mouvements, consacré à la police. Ci-dessous, la présentation générale du numéro par IEB, ainsi que le lien vers notre article.

© Pierre Coubeau (FSTN)

La police occupe désormais une place considérable dans le débat public, chose dont cette institution se serait sans doute bien passée. De dérapage en bavure, la confiance en les forces de l’ordre est mise à mal auprès d’un nombre croissant de personnes et de nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui pour dénoncer un problème structurel et systémique, bien plus fondamental donc que quelques « pommes pourries ».

À travers ce dossier, notre volonté est notamment de relier ces constats au territoire sur lequel ils se déroulent. L’environnement, comme nous l’entendons chez IEB, est à la fois social, écologique, économique, politique, culturel, urbanistique… Dans cet environnement polysémique vivent des habitants dont les corps subissent l’amplification de la sécurisation et de la mise sous contrôle de l’espace vécu par une montée en puissance de la violence institutionnelle.

Ce numéro s’appuie sur de nombreux apports extérieurs à IEB, des personnes dont les actions et les questionnements voisinent les nôtres et se complètent. La question que nous nous sommes posée et que nous leur avons posée pourrait être naïvement résumée comme telle : « Que fait la police en ville ? Que fait la police à la ville ? »

  • Ce dossier s’intéresse particulièrement aux quartiers populaires de Bruxelles, notamment à Cureghem – où, suite aux émeutes des années 1990, des politiques sécuritaires ont vu le jour d doublées de politiques urbanistiques qui de facto visent et s’exercent aux dépens des jeunes issus des milieux populaires – et au bas de Saint-Gilles – où des habitant·es s’organisent pour faire face aux violences policières.
  • Il questionne le rôle de la police qui, dans une ville comme Bruxelles, dans un centre-ville touristique et des quartiers en gentrification, est aussi de faire respecter une impression d’ordre… notamment en dégageant les indésirables, sans-abri, sans-papiers et autres.
  • Il explique comment la police gère évènements festifs et manifestations politiques selon le principe de « Gestion négociée de l’espace public ».
  • Il illustre, à travers plusieurs exemples, le caractère raciste et sexiste que revêt l’action de la police lorsque l’ordre qu’elle maintient est lui-même raciste et sexiste.
  • Il parle des technologies de la surveillance qui se déploient sur les places, sur les murs, dans les réverbères… et des conceptions sécuritaires de l’espace public qui – à travers l’urbanisme – s’inscrivent dans nos villes jusque dans les moindres détails.

Au fil de la lecture, force est de constater que la répression vise les manifestations des « problèmes sociaux », pas leur cause. À l’ère du néolibéralisme, d’un accroissement de la pauvreté et d’une réduction continue des redistributions sociales (sous forme de services publics notamment), il n’y a sans doute rien d’étonnant à voir les paradigmes sécuritaires et répressifs se multiplier.

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« Tranche d’anar »

Ce mercredi 4 février 2021, nous étions invité·e·s dans l’émission « tranche d’anar » sur Radio Air Libre. Le podcast de l’émission est disponible ci-dessous.

Il y est question du collectif et de sa raison d’être ; du contexte socio-économique qui génère la technopolice ; du coronavirus et de son exploitation politique ; de la mutualisation de la vidéoprotection de la centralisation de vidéosurveillance ; du déploiement de la téléphonie en général et de la 5G en particulier ; de leur exploitation à des fins de surveillance ; de l’État Centaure (eh oui !) ; et enfin, nous tentons d’apporter une réponse non-léniniste à la fameuse question : Que faire ?

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« Les promesses de l’aube »

Le podcast de notre passage dans l’émission « Les promesses de l’aube » ce lundi 1er février 2021 est disponible sur le site de Radio Panik.

On y présente le collectif et le projet puis on y parle de vidéosurveillance, de 5G, ou encore de footfall analytics

« Ce matin, nous recevons Sarah et Pavel pour parler surveillances technologiques.
Le site technopolice.be s’est monté tout récemment, il se veut une mine d’informations sur ces questions.
Retrouvez également une cartographie de Bruxelles qui recense tant des caméras que du mobilier urbain discriminant.
Le collectif organise une balade une fois par mois.
S’informer, participer, lutter. »

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Communiqué presse

Pour un réel débat démocratique sur les coûts sociétaux de la 5G

À quand un véritable débat public sur la 5G, ses enjeux et les trajectoires techno-scientifiques qui sont imposées à la population ?

Le déploiement de la 5G comporte des menaces potentiellement graves ou irréversibles pour l’environnement, la société et la santé. L’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte à ne pas se prémunir de ses effets et dommages, c’est d’ailleurs à cette fin que la loi prévoit un principe de précaution. Dans l’attente d’un vrai débat démocratique, d’évaluations minutieuses et indépendantes des risques liés à la technologie 5G, nous, associations signataires, demandons un moratoire immédiat sur son déploiement.

Nous rappelons par ailleurs que le gouvernement bruxellois s’est engagé à organiser un débat public sur le déploiement de la cinquième génération de téléphonie et de l’Internet mobile. Le 17 juin dernier, en commission environnement et énergie au Parlement bruxellois, le Ministre Alain Maron, en charge de la transition climatique, de l’environnement de l’énergie et de la démocratie participative, exprimait sa volonté de mener un débat public sur la 5G. « Il faut que tout le monde puisse comprendre les enjeux au niveau de l’environnement, de la santé, de l’économie et des usages « , déclarait-il au journal L’Echo le même jour.

Nous nous étonnons que les citoyen.nes, comités d’habitant.es, groupes et mouvements sociaux, associations… n’aient pas été informés à ce jour sur les modalités et objectifs du débat ni sur la manière dont les conclusions seront mises en oeuvre. En préalable à ce débat, il nous apparaît incontournable que les questions et enjeux sociétaux qui baliseront les thématiques du débat, ainsi que la sélection des « experts » qui seront invités à instruire les questions spécifiques (énergétique, biodiversité, mutation de l’emploi, accès aux données…), soient élaborés et choisis en concertation avec la société civile.

Nous refusons le lissage de questions essentielles et la caution démocratique d’un débat public qui ne serait en fait qu’un exercice de « pédagogie », expliquant aux citoyens, alors que tout aurait déjà été décidé en petits cercles fermés, le bien-fondé du déploiement de la 5G. Nous voulons un véritable débat sur les trajectoires techno-scientifiques qui nous sont aujourd’hui imposées sans nulle concertation.

Presque deux ans après la grande manifestation pour le climat qui a mobilisé 72.000 personnes dans les rues de la capitale, et alors même que nous sommes au coeur d’une crise sanitaire et écologique majeure, le « monde d’après » continue à être confisqué par les ténors de la croissance économique. Pour ceux-ci, la rentabilité semble être le seul objectif visé, sans jamais questionner les usages et les besoins. Dans ce contexte, la 5G est vendue comme une technologie verte, présentée comme un outil indispensable à la lutte efficiente contre le changement climatique et pour la protection de l’environnement. La stratégie de croissance européenne, couchée dans le « Green Deal », serait « adaptée à l’ère du numérique, transformant les défis climatiques et environnementaux en opportunités et en garantissant une transition juste et inclusive ». Au menu de ce « pacte vert » européen : intelligence artificielle, 5G, informatique en nuage, super-calculateurs, traitement des données à la périphérie (edge computing) et internet des objets.

« Cette « relance » prétendument verte est pourtant antinomique avec les objectifs visés : croissance de la consommation énergétique, croissance de l’extractivisme des métaux et déplacement de la pollution dans les pays non-européens, productivisme et surconsommation d’appareils numériques et de gadgets connectés, destructions des habitats naturels et de la biodiversité, dématérialisation croissante des services publics et privés qui renforce les inégalités…

En tout, ce sont 515 milliards d’euros d’investissements qui seront nécessaires dans l’ensemble de l’Union européenne d’ici à 2025 pour parvenir à l’objectif fixé d’orienter l’Europe vers une « société du gigabit » [1]. La Belgique entend y contribuer, comme tous les États membres de l’Union, en investissant l’argent public dans des entreprises privées.

Voulons-nous que cet argent public soit investi dans de nouveaux marchés, créant de nouveaux besoins incompatibles avec la protection de environnement, ou souhaitons-nous qu’il soit investi dans des structures et des services publics essentiels à toutes les personnes vivant en Belgique ?

Acceptons-nous de laisser s’implanter une technologie dont les effets sur la santé et la biodiversité sont encore mal connus et nullement maîtrisés ?

Voulons-nous d’une société où le numérique aura investi chaque espace-temps de nos vies, au profit des industriels qui pourront exploiter la manne de données nous concernant ?

Ces questions, et bien d’autres, doivent maintenant être mises à l’agenda d’un véritable débat public et démocratique sur la 5G.

Signataires :

Inter-Environnement Bruxelles, Attac Bruxelles, Acteurs et Actrices des Temps Présents, Bruxelles grONDES , Ondes.brussels, Domaine Public, CADTM Belgique, T.A.C.T.I.C asbl, NUBO, Technopolice.

Carte blanche initialement publiée sur Le Vif